La question n’a plus rien de théorique. En une soirée, avec un outil d’intelligence artificielle, on obtient aujourd’hui quelque chose qui a tout d’un site : une page d’accueil, des textes, des images, un formulaire de contact. Personne ne devrait vous raconter le contraire pour vous vendre autre chose.
Une précision avant la suite : je construis moi-même un outil de ce genre. Vous décrivez votre activité et vous voyez un aperçu de site en quelques minutes, gratuitement et sans inscription, sur mon générateur de site. La suite dit ce que l’IA ne fait pas, parce que c’est là que la facture réapparaît, plus tard et plus salée.
Ce que l’IA fait bien
Sur une bonne partie du travail, un générateur va plus vite qu’un humain, avec un résultat correct.
- Sortir de la page blanche. Voir immédiatement une structure (accueil, prestations, à propos, contact) vaut mieux que trois semaines à ne pas savoir par quel bout prendre le sujet.
- Écrire un premier jet. Les textes générés sont rarement les bons, mais un texte à corriger se traite dix fois plus vite qu’une page vide.
- Proposer une mise en page cohérente : des couleurs qui vont ensemble, des espacements réguliers, une lecture qui tient debout sur téléphone.
- Reformuler, raccourcir, traduire. Ce qui prenait une demi-journée prend dix minutes.
- Tester une idée. Voir à quoi ressemblerait votre projet avant d’engager le moindre franc, c’est nouveau, et c’est précieux.
Les cas où faire soi-même est le bon choix
Ces cas sont fréquents, et mieux vaut les connaître avant d’acheter quoi que ce soit. Faites-le vous-même si vous vous reconnaissez ici.
- Votre budget est à zéro. Un site imparfait en ligne vaut infiniment mieux qu’un beau site qui n’existe pas. Faites-le seul, et revenez quand l’activité paiera le travail.
- C’est un projet personnel ou associatif : un club, un événement, un blog, une page de mariage. Le site n’a pas à rapporter de l’argent, il a besoin d’exister.
- Vous testez une idée. Tant que vous ne savez pas si le marché répond, dépenser plusieurs milliers de francs en site est prématuré. Une page qui explique et un numéro de téléphone suffisent pour le savoir.
- Vous avez besoin d’une seule page. Une adresse, des horaires, une photo, un bouton pour appeler : ça se fait très bien seul, et vite.
- Quelqu’un chez vous aime ça et a du temps. C’est la condition décisive, et elle est plus rare qu’on ne croit : il faut quelqu’un qui aura encore envie dans six mois.
Si vous êtes dans un de ces cas, ne payez personne. Décrivez votre activité, regardez ce que ça donne, repartez avec une base : l’aperçu est gratuit et sans inscription.
Ce qui coûte cher, et qui n’arrive que plus tard
Le piège se trouve dans la part du travail que personne ne voit avant de l’avoir vécue. Voici les six points, dans l’ordre où ils se manifestent.
1. Le site qui n’est jamais fini
Le samedi soir, l’essentiel est debout. Il reste le formulaire de contact qui n’arrive nulle part, deux liens qui tombent sur une page d’erreur, les mentions légales, la version téléphone qui coupe un titre en deux, les photos à recadrer. Ce reste-là se fait le mois suivant, ou jamais. Et un site à moitié fini reste en ligne : il parle de vous à chaque visiteur, tous les jours.
2. La maintenance qui n’arrive jamais
Un site vieillit. Un certificat de sécurité expire et le navigateur affiche un avertissement rouge à vos clients. Une mise à jour casse un affichage. Un formulaire cesse d’envoyer sans prévenir, et vous ne le voyez pas, puisque vous ne vous écrivez pas à vous-même. La question à poser est donc « qui regarde ? » Quand la réponse est « personne », un site se dégrade en silence pendant des mois.
3. Le référencement local ne se fait pas tout seul
Apparaître quand quelqu’un tape votre métier suivi du nom de votre ville demande un travail précis et suivi : une page par prestation, des adresses de pages stables, une fiche d’établissement tenue à jour, les informations que le moteur lit pour comprendre où vous êtes et ce que vous faites. Un générateur produit un site ; il ne vous met pas sur la carte. Les signaux qui manquent le plus souvent sont listés ici : votre site vous fait-il perdre des clients.
4. Le nom de domaine, et ce qui vous appartient
Votre adresse en .ch doit être enregistrée à votre nom, avec une adresse e-mail que vous contrôlerez encore dans trois ans. C’est le point le plus négligé, et le seul irréversible : un domaine perdu emporte vos cartes de visite, votre place dans les résultats de recherche et vos e-mails. Posez-vous la question dès maintenant, avant le jour du renouvellement : si je change d’outil ou de prestataire demain, qu’est-ce qui reste à moi ?
5. La vitesse
Une photo sortie d’un téléphone pèse plusieurs mégaoctets. Posée telle quelle sur une page, elle transforme une visite en attente, et sur un téléphone, en déplacement, la personne referme avant même d’avoir vu votre nom. Cette perte-là n’apparaît sur aucune facture : ce sont les appels qui n’ont pas eu lieu. C’est aussi la partie la plus technique du métier, celle qui se règle avec des instruments de mesure : pourquoi tant de sites sont lents.
6. Les données de vos visiteurs
Dès qu’un formulaire existe, vous collectez des données personnelles, et la loi suisse en rend responsable l’entreprise, quel que soit l’outil qui a servi à faire le site. Où sont-elles stockées, qui y accède, que dit votre page de confidentialité, quels services extérieurs se chargent à l’insu du visiteur : ces questions appellent une réponse écrite, et elle ne se rédige pas toute seule. Le détail, sans jargon d’avocat : ce que la LPD exige.
La question qui tranche : qui s’en occupe le jour où ça casse ?
J’utilise moi-même les outils d’IA tous les jours. Ce qui départage les deux voies tient en une question : qui s’en occupe le jour où ça casse ?
Un mardi matin, votre site ne répond plus. Ou votre formulaire n’envoie plus rien depuis trois semaines. Ou vous avez disparu des résultats de recherche après une manipulation. À cet instant précis, il n’existe que deux situations : soit c’est votre problème et votre soirée, soit c’est le métier de quelqu’un et son numéro est dans votre téléphone. Tout le reste (l’esthétique, l’outil employé, la technologie) passe après.
Répondez à ces trois questions et vous saurez de quel côté vous êtes :
- Combien vaut une heure de votre temps, et combien d’heures êtes-vous prêt à y passer chaque mois, dans la durée ?
- Que perdez-vous si le site tombe une semaine sans que personne s’en aperçoive ?
- Qui, chez vous, sera encore là et disponible dans deux ans pour le faire évoluer ?
Si les trois réponses vous laissent tranquille, faites-le vous-même : c’est un vrai choix. Si l’une d’elles vous met mal à l’aise, il vous faut quelqu’un qui répond.
Ce que je fais, moi, et ce que ça coûte
Ma position tient en une ligne : l’IA fait la première version ; le reste est fait à la main, par quelqu’un qui en répond. L’aperçu est gratuit et sans inscription : vous décrivez votre activité, vous voyez une direction en quelques minutes. Ensuite, deux façons de payer, sans mauvaise surprise : l’abonnement à CHF 89/mois (tarif de lancement), où la création, l’hébergement, l’entretien et les petites modifications tiennent dans le même mensuel ; ou le site à prix fixe, dès CHF 990 payé une fois, si vous préférez être propriétaire tout de suite. Tout est public : mes tarifs.
Le tarif de lancement a une date de fin : tout abonnement souscrit jusqu’au 31 décembre garde CHF 89/mois pour l’abonnement d’entrée, aussi longtemps que le site est chez moi. En contrepartie, on publie ensemble une étude de cas chiffrée : rien n’en est publié sans votre accord écrit sur son texte, et si vous refusez de la publier, votre tarif ne change pas.
Comment décider en cinq minutes
Trois lignes suffisent :
- Projet personnel, association, événement, une seule page, ou budget à zéro : faites-le vous-même, ce soir, avec un générateur. Vous n’avez rien à gagner à attendre.
- Le site doit vous amener des clients et vous savez déjà lesquels : déléguez au minimum la partie qui ne se voit pas (vitesse, visibilité locale, formulaires qui arrivent à destination, surveillance), même si vous écrivez vous-même les textes.
- Vous ne savez pas encore : faites la version gratuite d’abord. Vous y passerez une soirée et vous saurez précisément ce que vous voulez déléguer. C’est le meilleur cahier des charges qui existe, et il ne coûte rien.
Je facture un site parce que quelqu’un s’en occupe ensuite, et répond quand ça casse. Ce que ça donne est public, vous pouvez ouvrir les sites un par un : mes réalisations. Et si vous hésitez encore, dites-moi simplement où vous en êtes : je vous réponds sous 24 heures ouvrées et je vous dirai franchement si votre cas justifie de payer quelqu’un, y compris quand la réponse est non.